Fiscalité des sociétés étrangères en Côte d’Ivoire (filiales et succursales) impôts, taux et conventions — le guide 2026
Comment fonctionne la fiscalité des sociétés étrangères en Côte d’Ivoire quand on ouvre une filiale ou une succursale ? Ce guide détaille les impôts, les taux, la différence filiale/succursale, la retenue à la source et les conventions fiscales. Pour la création elle-même, voyez notre guide sur la création d’une filiale ou d’une succursale en Côte d’Ivoire.
✅ Réponse directe : La fiscalité des sociétés étrangères en Côte d’Ivoire dépend de la structure : une filiale ou une succursale disposant d’un établissement stable est soumise à l’impôt sur les bénéfices (BIC/IS) de 25 % sur son résultat local. Une société sans établissement stable subit une retenue à la source. Acacia Consulting & Formations crée votre filiale à partir de 250 000 F CFA et votre succursale à partir de 300 000 F CFA.
La fiscalité des sociétés étrangères en Côte d’Ivoire est la première question que se pose tout groupe qui veut s’implanter à Abidjan : quels impôts, à quel taux, et selon quelle structure ? La réponse dépend d’un critère central — l’existence d’un établissement stable — et du choix entre filiale et succursale.
Ce guide fait le point à jour 2026, chiffres à l’appui, sans jargon inutile. La fiscalité s’appliquant toujours au cas par cas, faites valider votre montage : échangez avec Acacia Consulting & Formations avant de vous implanter.
⚡ Résumé Rapide : l’imposition en chiffres
Suggestion : schéma filiale vs succursale et flux d’imposition vers la maison mère.
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Comment fonctionne la fiscalité des sociétés étrangères en Côte d’Ivoire ?
La fiscalité des sociétés étrangères en Côte d’Ivoire repose sur le principe de territorialité : une entreprise est imposée en Côte d’Ivoire sur les bénéfices qu’elle y réalise, à condition d’y disposer d’un établissement stable (une installation fixe d’affaires, comme une filiale ou une succursale). Sans établissement stable, la société étrangère n’est imposée que via une retenue à la source sur ses revenus de source ivoirienne.
Autrement dit, tout se joue sur deux questions : votre présence en Côte d’Ivoire constitue-t-elle un établissement stable, et sous quelle forme (filiale, succursale ou bureau de liaison) ?
Filiale, succursale ou bureau de liaison : qui est imposé ?
Trois formes d’implantation existent, avec des conséquences fiscales très différentes.
La filiale
La filiale est une société de droit ivoirien (souvent une SARL ou une SA), distincte de la maison mère. Elle a la personnalité juridique et est imposée comme une société résidente : impôt sur les bénéfices de 25 % sur son résultat réalisé en Côte d’Ivoire.
La succursale
La succursale est un simple prolongement de la société étrangère, sans personnalité juridique propre. Elle est imposée à l’impôt sur les bénéfices de 25 %, mais ses bénéfices sont en outre réputés distribués à la maison mère, ce qui déclenche l’IRVM.
Le bureau de liaison
Le bureau de liaison (ou de représentation) n’exerce aucune activité commerciale : il se limite à la prospection, la représentation ou la coordination. N’ayant pas de bénéfice imposable, il échappe à l’impôt sur les bénéfices — mais il ne peut ni facturer ni vendre.
Fiscalité de la filiale vs la succursale : le tableau comparatif
C’est le cœur de la décision. Ce tableau résume, côte à côte, l’imposition d’une filiale et d’une succursale d’une société étrangère en Côte d’Ivoire.
| Critère | Filiale | Succursale |
|---|---|---|
| Personnalité juridique | Oui (société distincte) | Non (prolongement) |
| Impôt sur les bénéfices (BIC/IS) | 25 % | 25 % |
| IRVM sur distributions | 15 % sur les dividendes versés | 15 % sur bénéfices réputés distribués |
| Responsabilité de la maison mère | Limitée aux apports | Illimitée |
| Durée | Illimitée | Transformation en société après 2 ans |
En résumé, la succursale est plus simple à ouvrir mais fiscalement moins souple et limitée dans le temps ; la filiale protège la maison mère et s’inscrit dans la durée. Nous détaillons les deux dans notre guide de création de filiale ou succursale.
Quels impôts paie une société étrangère en Côte d’Ivoire ?
Une société étrangère implantée (filiale ou succursale) est redevable des principaux impôts de droit commun :
- Impôt sur les bénéfices (BIC/IS) : 25 % du résultat imposable, avec acomptes trimestriels ;
- IRVM : 15 % sur les revenus distribués (dividendes de la filiale, bénéfices réputés distribués de la succursale) ;
- TVA : 18 % (taux normal) sur les opérations imposables ;
- Divers impôts et taxes locaux selon l’activité (patente, impôts fonciers, etc.).
Les taux indiqués sont ceux du Code général des impôts (CGI) ; leur application exacte dépend de votre activité et de votre situation.
La retenue à la source sur les prestations de non-résidents
Une société étrangère sans établissement stable qui réalise des prestations en Côte d’Ivoire est imposée par voie de retenue à la source. L’article 92 du CGI prévoit une retenue au titre de l’impôt sur les bénéfices, calculée au taux de 25 % sur 80 % des sommes brutes perçues — soit un prélèvement effectif de 20 %. Cette retenue s’applique sous réserve d’une convention fiscale plus favorable.
La règle des 2 ans : la succursale doit devenir une société
Point souvent ignoré : en droit OHADA, la succursale d’une société étrangère doit être apportée à une société de droit ivoirien dans un délai de 2 ans à compter de sa création, sauf dérogation accordée par le Ministère du Commerce. Concrètement, la succursale est une solution d’implantation temporaire ; au-delà, il faut basculer vers une filiale. Cet horizon doit être anticipé dès le départ dans votre choix de structure.
Les conventions fiscales internationales changent-elles la donne ?
Oui. Lorsque la société étrangère est résidente d’un État lié à la Côte d’Ivoire par une convention fiscale, les règles de la convention priment sur le droit interne, notamment pour éviter la double imposition et réduire les retenues à la source. Deux cadres à connaître :
- La convention franco-ivoirienne (1966), pour les groupes français ;
- Le cadre UEMOA, qui harmonise la fiscalité entre les 8 États membres.
Vérifier l’existence d’une convention entre le pays de la maison mère et la Côte d’Ivoire est une étape clé de l’optimisation.
Nouveautés 2026 : l’établissement stable numérique
La Loi de finances 2026 (loi n° 2025-987 du 19 décembre 2025, en vigueur le 5 janvier 2026) consacre la notion d’établissement stable numérique. Elle instaure un impôt sur les bénéfices des plateformes étrangères de services en ligne réalisés au profit de consommateurs situés en Côte d’Ivoire. Cet impôt est fixé à 30 % d’un bénéfice déterminé forfaitairement à 10 % du chiffre d’affaires, dès lors que ce chiffre d’affaires atteint 50 millions de F CFA par an. Les acteurs du numérique étranger sont donc désormais explicitement visés.
Exemple chiffré : combien paie une filiale ?
Prenons une filiale qui dégage un bénéfice imposable de 10 000 000 F CFA sur l’exercice. L’impôt sur les bénéfices s’élève à 25 %, soit 2 500 000 F CFA. Si la filiale distribue ensuite un dividende à sa maison mère étrangère, cette distribution supporte l’IRVM de 15 %. Une succursale dégageant le même bénéfice paierait les mêmes 25 % d’impôt, puis l’IRVM sur les bénéfices réputés distribués. Cet exemple est simplifié : le résultat imposable réel dépend des charges déductibles et de votre situation.
Quelles obligations déclaratives et quel calendrier fiscal ?
Une société étrangère implantée doit respecter les mêmes obligations qu’une société résidente. Les principales :
- La Déclaration Fiscale d’Existence (DFE) à la création, qui l’inscrit auprès de la DGI — voir notre guide sur la Déclaration Fiscale d’Existence en Côte d’Ivoire ;
- Les acomptes trimestriels d’impôt sur les bénéfices et la déclaration annuelle de résultats ;
- Les déclarations de TVA périodiques ;
- Les états financiers conformes au référentiel comptable OHADA.
Le non-respect de ces obligations expose à des pénalités et à un redressement : un suivi comptable rigoureux est indispensable.
Comment optimiser la fiscalité de sa société étrangère en Côte d’Ivoire ?
Optimiser la fiscalité de sa société étrangère en Côte d’Ivoire, c’est d’abord faire les bons choix en amont, légalement :
- Choisir la bonne structure (filiale, succursale ou bureau) selon la durée et les objectifs ;
- Exploiter les conventions fiscales pour éviter la double imposition et réduire les retenues ;
- Tenir une comptabilité irréprochable pour sécuriser les charges déductibles et éviter les redressements ;
- Anticiper la règle des 2 ans si vous démarrez par une succursale.
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❓ Foire Aux Questions (fiscalité des sociétés étrangères)
Une société étrangère disposant d’un établissement stable (filiale ou succursale) est imposée à l’impôt sur les bénéfices de 25 % sur son résultat local, plus l’IRVM de 15 % sur les distributions. Sans établissement stable, elle subit une retenue à la source.
Les deux paient l’impôt sur les bénéfices de 25 %. La différence tient à l’IRVM (dividendes pour la filiale, bénéfices réputés distribués pour la succursale), à la responsabilité (limitée pour la filiale) et à la durée (la succursale doit devenir une société après 2 ans).
Le taux de l’impôt sur les bénéfices (BIC/IS) est de 25 % sur le bénéfice réel, avec des acomptes trimestriels.
C’est un prélèvement sur les prestations réalisées en Côte d’Ivoire par une société étrangère sans établissement stable. Selon l’article 92 du CGI, elle est de 25 % sur 80 % des sommes brutes, soit 20 % effectif, sauf convention fiscale plus favorable.
Oui, sur ses revenus de source ivoirienne, via la retenue à la source de l’article 92 du CGI, sous réserve des conventions fiscales applicables.
Oui. En droit OHADA, la succursale d’une société étrangère doit être apportée à une société de droit ivoirien dans un délai de 2 ans, sauf dérogation du Ministère du Commerce.
Oui. Si le pays de la maison mère a signé une convention fiscale avec la Côte d’Ivoire (par exemple la France, ou dans le cadre UEMOA), ses règles priment sur le droit interne pour éviter la double imposition.
En choisissant la bonne structure, en exploitant les conventions fiscales, en tenant une comptabilité rigoureuse et en anticipant la règle des 2 ans. Un accompagnement spécialisé sécurise ces choix.
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Conclusion : bien choisir sa structure pour maîtriser sa fiscalité
La fiscalité des sociétés étrangères en Côte d’Ivoire n’a rien d’insurmontable : impôt sur les bénéfices de 25 %, IRVM de 15 % sur les distributions, retenue à la source pour les non-résidents, et des conventions fiscales qui peuvent alléger le tout. Le vrai levier, c’est le choix de la structure — filiale ou succursale — et sa cohérence avec vos objectifs et votre horizon.
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Toussaint KPASSE est fondateur d’Acacia Consulting & Formations (ACF-CI), cabinet spécialisé dans la création d’entreprise et l’implantation à Abidjan depuis 2021. Expert du droit OHADA et des procédures CEPICI, il accompagne les groupes étrangers dans le choix de structure et la sécurisation de leur fiscalité en Côte d’Ivoire.
⚠️ Ce contact est personnel et réservé aux échanges professionnels avec Toussaint. Pour toute demande, merci de contacter notre standard WhatsApp officiel : +225 03 04 40 76.
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